Pourquoi je flippe devant certains films

J’ai trouvé le titre après avoir écrit l’article car mon idée de départ s’est métamorphosée en cours d’écriture. Alors ne soyez pas trop déçus si le contenu semble valdinguer ailleurs. J’ai horreur de trouver des titres.


Cela fait un moment que je n’ai pas écrit ici, non pas que je manque de sujets mais l’inspiration n’était pas là. Aujourd’hui, je me sens d’attaque pour une réflexion sur mon adolescence !

L’autre nuit, je me disais que j’avais vu certains films un peu trop jeune et qu’il est possible que cela ait eu un impact sur mon comportement. Merci, Captain Obvious. Pour pousser plus loin cette idée, afin de ne pas écrire dans le vide, c’est parti pour quelques exemples.

Situons le contexte. Quand j’étais au collège, il s’est passé des événements difficiles dans notre famille – comme dans toutes les familles du monde… Pour faire court, c’était un mélange de soucis financier, d’emploi et de pression psychologique avec des membres de la grande famille (comprenez : hors de notre cellule parents-enfants).

J’ai donc grandi en ayant une vision assez pessimiste des autres et de la vie en général. Je suis prompte à voir le négatif avant le positif car mon motto est : « Au moins, tu ne seras pas déçue si ça se passe mal. Et si ça se passe bien, ça fait une bonne surprise ! »

Comme le monde extérieur était synonyme d’embrouilles, c’est tout naturellement que je me suis repliée sur moi-même (de même pour mes parents et ma grande sœur je pense, mais ce serait mal avisé de parler en leur nom). Comment s’est présenté ce repli ?

Vous connaissez la tour d’ivoire ? En cherchant une définition, j’ai appris que ce terme a plusieurs sens. Au départ, il y a le sens originel, celui relié à la Vierge Marie pour évoquer sa beauté féminine. Plus tard, il perd son sens biblique pour désigner de manière péjorative un cercle d’intellectuels tellement plongés dans leur délire qu’ils sont incapables de communiquer avec le commun des mortels. Eh mais c’est de l’élitisme, en fait !

Je vais garder cette idée d’isolement car dans mon cas c’est de ça qu’il s’agit. À part le collège, je ne sortais pas beaucoup et je ne voyais presque pas de monde en-dehors des rares excursions avec des amies. Je préférais rester dans mon espace sacré : ma maison (enfin, pas la mienne, celle de mes parents, vous avez compris).

Cet espace ne se limitait pas à ma chambre, toute la maison m’a toujours paru accueillante. Je m’y sens bien, libre du masque que je me suis créée pour le collège. J’étais contente quand mes amies venaient à la maison. Mais dès qu’il s’agissait de la grande famille… ça me dérangeait. C’était une vraie corvée. Aujourd’hui, je le vis mieux, je suis moins rigide sur certaines choses.

Zut je suis partie trop loin, recadrons les choses…  qu’est-ce que je faisais chez moi ? Eh bien je lisais énormément ! Ah je sortais quand même pour aller à la bibliothèque qui était toute petite. Et plus tard, une grande médiathèque a été construite, quel bonheur. Ou alors je dessinais et j’écrivais des débuts d’histoire que je finissais jamais. J’écoutais pas mal de musique mais pas de la même manière qu’aujourd’hui (je me sens partir ailleurs flûte, reste dans le sujet Rapha !)

Ce n’est qu’au collège que je suis devenue cinéphile. Je regardais souvent Léon de Luc Besson et j’étais hypnotisée par la scène du massacre de la famille de Matilda (interprétée par Natalie Portman). Ce n’est pas parce que j’aimais voir des trucs violents, loin de là. En fait, j’étais fascinée par le jeu de Gary Oldman et la musique de Eric Serra qui collait parfaitement à la scène.

Après ce déclic, j’étais plus attentive quand je regardais un film tout en gardant le plaisir du visionnage. Je me suis mise à retenir les noms des réalisateurs et des membres du casting. Je tenais un cahier « IRM » (= Images Récupérées dans les Magazines, rien à voir avec l’imagerie par résonance magnétique !) où je collais les petites vignettes de description de films qu’on trouve dans les programmes télé. C’est comme ça que j’ai emmagasiné dans ma tête quantité d’infos sur les films…

Et parfois, sans avoir vu le film, comme j’avais découpé l’image et que je l’avais sous les yeux en tournant souvent les pages de ce cahier, j’avais l’impression de l’avoir vu alors que non ! Il y avait parfois des pages consacrées à un acteur ou une actrice que je gardais précieusement. Plus tard, j’ai arrêté de tenir ce cahier parce qu’on achetait des magazines pour ado comme Star Club ou ONE, je n’avais donc plus aucun intérêt à établir cette base de données.

Je m’éparpille encore ! Je reviens au début de cet article, les films qui m’ont choquée plus jeune. Je considère que mes parents ont développé leur culture cinématographique en même temps que ma sœur et moi. Ils avaient évidemment vu plein de films avant nous mais ils ont découvert le cinéma étranger avec nous. Comme pour la musique, ils nous ont bien appris à être curieuses.

On en arrive à Pedro Almodóvar. Mes parents ne pensaient pas à mal en nous faisant voir Parle Avec Elle. Ils étaient curieux de découvrir le cinéma espagnol et avaient entendu parler du film à la radio, je crois. Résultat, je me rappelle d’avoir été mal à l’aise devant le film car je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. La scène qui m’a marquée est celle où le personnage masculin se retrouve minuscule face à un corps de femme qu’il explore pour finalement rentrer dedans. Et plus tard, je me suis rendue compte que dans ce film un type viole une femme qui est dans le coma, la met enceinte et c’est ce qui la réveille… Comment dire, j’étais paumée et ne savais pas du tout quoi faire de ce que j’ai vu. Je pense que j’ai laissé tout ça dans un coin de ma tête et puis c’est tout.

Autre choc : La Pianiste de Michael Haneke. Alors là… je n’ai même pas dépassé les 30 minutes de film, je pense. Je me suis enfuie dans ma chambre quand on voit Isabelle Huppert aller dans un sex-shop. Ma réaction en voyant les images très crues : « BEURK !! »

Cela fait déjà deux exemples où le sexe m’a écœurée. Heureusement, j’ai vu aussi des films où les relations étaient moins sordides, bon c’était parfois mièvre et cliché mais moins violent que cette sexualité négative mise en scène par Almodóvar et Haneke. Un troisième exemple me revient en tête, celui d’Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. Là encore, j’ai très peu de souvenirs du film, tout ce qui m’a marquée (et pas en bien) sont la scène où des garçons payent leur droit de coucher avec une fille en lui donnant une brioche (ou un truc dans le genre) et l’autre est une scène de viol.

En tant que personne de sexe féminin, je me rends compte de la violence qu’on endure même dans nos loisirs. La plupart des films sont réalisés par des hommes, on a alors droit à leur vision. Bon, il est aussi arrivé que je sois extrêmement déçue et écœurée par une réalisatrice (coucou Jane Campion et La Leçon de Piano…)

Ces violences sexuelles au cinéma ne sont pas les seules à m’avoir traumatisée. Des films comme Dreamcatcher de Lawrence Kasdan ou Pulp Fiction de Quentin Tarantino m’ont laissée de mauvais souvenirs. Pour le premier, je le trouve aujourd’hui plus supportable car cela reste une œuvre de fiction : ça n’existe pas des extraterrestres qui déchirent l’arrière-train des gens, on est d’accord ? Je sais que si je revois la scène, je vais rire nerveusement même si je connais le dénouement. Mais ce sera tout.

Tandis qu’avec Pulp Fiction, j’ai un nœud dans le ventre. C’est pire que le stress, c’est de l’angoisse. Cela vient du fait qu’il existe réellement des gens capables de telles atrocités. Mais ce qui me fait encore plus peur avec ce film, c’est de savoir qu’il a été réalisé pour divertir. Traitez-moi de chochotte si vous voulez mais ça me donne la gerbe de voir ce réalisateur rendre la violence amusante.

« Mais tu aimes jouer aux jeux vidéo et tu adores lire The Walking Dead alors que c’est violent ! » Désolée mais ça n’a rien à voir. Dans Final Fantasy, le cadre est très différent, quand on attaque des monstres ça ne dégouline pas de sang partout. D’ailleurs, je serai incapable de jouer à un jeu où la violence est trop réaliste. Dans le jeu PS2 de Da Vinci Code, quand on joue Robert Langdon ou Sophie Neveu, il faut parfois se battre. Et ben ce n’est pas une partie de plaisir et je me sens mal pendant tout le processus. Moi je veux juste résoudre les énigmes…

Pour le comics de The Walking Dead, j’apprécie la psychologie des personnages. C’est si bien écrit que je vis leurs aventures et que je veux savoir ce qu’il va leur arriver. Les scènes sanglantes avec les zombies passent relativement bien (enfin, parfois c’est un poil trop gore). Mais il y a eu des épisodes où j’étais au bord du malaise, notamment tout l’arc avec le Gouverneur ou quand il y a eu le nouveau méchant, Negan. C’est parce qu’on montre des êtres humains violents et sanguinaires que j’ai trouvé ma lecture éprouvante. Les zombies ? Ce ne sont plus des êtres humains. Mais les méchants à la solde de Negan, ils sont encore vivants et trucident d’autres êtres humains et ça, je n’aime pas du tout.


Bon j’arrête là car je suis à plus de 1600 mots et j’avoue avoir perdu le fil conducteur. Le problème c’est qu’un sujet m’évoque d’autres thèmes et je pars dedans et voilà le résultat : c’est le bordel. J’espère que ce n’était pas trop pénible à lire (et si ça l’était, pourquoi vous vous êtes infligés ça jusqu’au bout, hein ? 😂)

12 réflexions sur “Pourquoi je flippe devant certains films

  1. C’était très intéressant et je comprends tout à fait ton dégoût de la violence sexuelle qu’on nous inflige presque comme si c’était normal dans de nombreux films. Heureusement, quand j’étais « enfant/ado » et même encore maintenant mes parents ont tendance à changer de chaîne dès qu’un baiser dérive un peu haha. Je suppose qu’ils voulaient me protéger autant que possible. Je sais pas si tu regardes mais plus récemment (car je m’y suis mise genre l’année dernière ou y a 2 ans je sais plus) j’ai eu du mal avec Game of Thrones à cause de ça. J’avais eu du mal à lire le début du premier tome et j’ai détesté la série même si heureusement on est sur quelque chose de plus travaillé maintenant (mais y a encore des choses qui me dérangent).
    Bref. Je m’égare aussi haha. J’essaierai de passer plus souvent sur ton blog du coup, c’est très intéressant ^^ (y a une newsletter ?)

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    1. Haha t’as eu le comité de censure avec tes parents alors :’) chez moi on en parlait après coup donc ça a sans doute limité la casse ^^
      Eh bien figure-toi que Game of thrones est une série que je boycott depuis sa sortie, je n’ai jamais vu un seul épisode mais comme il y avait eu des articles qui parlaient des violences sexuelles un peu trop présentes dans la série ça m’avait dissuadée de lancer la série. Après le livre, pourquoi pas, tout dépend dont la manière c’est écrit…
      Merci de ta visite ! (je vois que t’as trouvé comment t’abonner 😉

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  2. Intéressant ! Je pense que tu as une piste à explorer au sujet du degré de violence dans Walking Dead, et que tu peux mettre en parallèle avec la conscience des Omnivores (oui je vais loin, j’explique vite). Taper des zombies qui saignent peut ou les actes de violences sans trop de sang sont plus supportables que taper un vivant ou étriper un être vivant qui va saigner. Idem pour la viande, beaucoup de personnes supportent mieux de pêcher et un poisson ou une crevette que de tuer et vider un poulet ou un cochon. Pourtant c’est le même acte, mais pas le même support, que ce soit dans le cinéma ou l’alimentation. Comment s’organiserait une échelle du malaise face à la violence/peur ? Où y serais-tu ? :p

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    1. Hey c’est pas mal du tout comme piste de réflexion ! Je pense que c’est pas si tiré par les cheveux ^^ J’ai vérifié ça très récemment, mais même de voir un poisson être pêché ça me met mal à l’aise car on le voit s’agiter. Il n’y a pas d’effusion de sang mais je pense à l’hameçon qui blesse sa bouche… sans parler du fait de pendouiller au bout d’une ligne 😦 La différence est que les zombies ne ressentent plus d’émotions, donc ce n’est pas tant la présence de sang qui dérange mais bien le fait qu’un être vivant soit sentient. Merci en tout cas pour ton retour très pertinent !

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  3. Je suis un peu pareille que toi, généralement, la violence me choque, ou du moins me force à prendre du recul voire éteindre le moniteur quand elle est perpétrée dans un cadre « proche de soi », c’est-à-dire quasi-réel, « qui pourrait arriver ». Du coup, en gros, toutes les agressions Homme vs Homme, à partir du moment où il y a du sang, ou l’ascendant du « méchant » sur la victime (à comprendre: les scènes de baston dans les films de super-héros? j’adhère. Des scènes d’agression physiques dans une ruelle sombre avec des cris suppliants? je m’enfuis.)
    Pareil, des œuvres fantastiques comme Le Seigneur des Anneaux peuvent être considérées violentes mais ça ne me touche pas. C’est vraiment tout ce qui touche à la cruauté humaine (envers un autre Homme ou un animal)
    Du coup, j’ai regardé la première saison de Fargo mais avec du mal
    Jessica Jones j’aime beaucoup le côté développement du personnage principal, mais les scènes de nu et de violences/d’abus m’ont mise vraiment mal à l’aise

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    1. T’as très bien résumé avec l’exemple de la ruelle et des super-héros ! Et oui LOTR est violent mais ça rentre dans le cadre des super-héros 😀 Fargo c’est une enquête policière, non ? Forcément ça doit pas être jojo :/ Jessica Jones c’est du Marvel…?

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  4. J’ai adoré te lire, jusqu’à la fin ! J’en apprends plus sur toi et je comprends pas mal ton point de vue. Je suis confrontée aux mêmes problématiques devant certains films, pour ne pas dire beaucoup, ce qui fait que j’en regarde très peu et très rarement au final. J’ai pareil énormément de mal avec la notion de violence en tant que divertissement (me divertir c’est me vider la tête, non la remplir d’images que je voudrais aussitôt oublier !), et de même j’ai mais… Tellement de mal avec la place des femmes dans la plupart des films ou autres.. M’enfin !

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    1. Après il y a des exceptions comme toujours, par exemple un de mes films préférés est The Green Hornet et il y a des gens qui se battent dedans mais comme c’est une histoire de super-héros, ça passe mieux. Pour la place des femmes dans les films, heureusement qu’il y a quelques bons films réalisés par des femmes, la différence est flagrante (pas de scènes vues du point de vue masculin donc pas de gros plan sur les seins/fesses, pas d’objectification…) Merci de m’avoir lue et merci pour ton soutien ❤

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