Un soupçon de blabla perso et des podcasts à écouter sans modération

Quand j’y ai pensé cette nuit, c’était plus fluide. Je savais déjà quelles phrases écrire, ce que je voulais mettre en avant. Et là, blocage. Pas grave, je me lance quand même. Dernièrement je me suis engluée à nouveau dans mes marais, d’où mon inactivité ici. Alors après avoir enfin réussi à dépoussiérer 1 personne = 1 multitude, j’ai envie de poursuivre sur cette lancée.

Ce ne sont pas les idées qui manquent mais vient le moment de se poser devant le clavier et d’écrire. Et alors là… le vide total. Ou une plutôt une sorte de stress, comme ce qu’on peut ressentir en cours de natation, qu’on est mal à l’aise et qu’on vous exige de plonger. Sauf que le plongeur et le moniteur ne sont qu’une seule et même personne: soi-même. Enfin, moi-même vu que c’est moi qui écris. Bref.

Je vais faire simple, tremper un orteil voire plus. Je m’étais donnée comme objectif de faire le Camp Nanowrimo ce mois-ci et la citrouille ne s’est pas transformée en carrosse. Je reviendrai peut-être plus longuement sur ce sujet avec un vrai bilan. Aujourd’hui, place aux podcasts.

Cette intro est trop longue XD

J’en ai écouté pas mal, en soi rien de très neuf dans la sélection. J’essaie d’être à jour avec ceux que j’ai déjà commencé et je me réfrène pour ne pas en commencer de nouveaux.

C’est en partie à cause de ces derniers que je me suis perdue dans mon Nanowrimo. J’avais pourtant planifié : à chaque jour, un thème précis pour développer les personnages et l’univers d’Apprenty. J’ai tenu exactement une semaine puis je me suis mise à écrire mon journal pour vider mon sac. Ensuite j’ai écrit les hypothèses pour mon ennéagramme qui commence à devenir un running gag. C’est ce petit objectif que je ne parviens pas à cocher sur ma liste et qui ressort quand je me trouve une excuse pour ne pas faire ce que j’ai à faire. Et comme ça fait partie du développement personnel, c’est VRAIMENT une bonne excuse, « c’est pour mon bien-être, tu vois ? » (je me parle toute seule…)

Mais pour être moins sévère avec moi-même, il est vrai que de mieux me connaître m’aidera à mieux créer mes personnages. Je ne suis pas de ces personnes qui ont le talent pour créer de toutes pièces des personnages. Je suis bien trop consciente du lien entre mon vécu et ce qui peut ressortir chez mes personnages. Cela explique aussi pourquoi je m’autocensure autant, c’est très dur de se regarder tel que l’on est, surtout avec ses défauts. J’ai très peur aussi de ce qu’on va penser de ce que j’écris alors ce n’est pas demain la veille que je bouclerai mon bouquin et que je le ferai lire -rire désabusé- et oui, la bienveillance et l’estime de soi qui crèvent le plafond, ce n’est pas encore ça !

Comme j’aimerai écrire une histoire honnête, c’est-à-dire un récit où les personnages agiront comme de vrais humains et pas comme la vision idéalisée que je peux en avoir, je bouscule ma perception des choses. Avec des podcasts.

En lisant Alice Miller (d’ailleurs si ça te tente, bon courage et prends soin de toi), je m’étais déjà rendue compte comme des idées, de simples mots sur le papier peuvent vous flanquer par terre pour vous faire reconsidérer les choses. Eh bien, des mots partagés, des mots que j’écoute avec attention la nuit me fichent aussi de sacrés illuminations. Dans les bons jours.

Dans les mauvais jours, c’est l’abattement, la colère, l’indignation, la lassitude qui me submergent. Ce genre de jour mal luné arrive encore souvent mais… je le vis différemment. Je sais que cet état est temporaire, qu’il suffit que je vide un peu ma marmite et que je peux ainsi sauver mon bouillon sans en mettre partout. Instant de gratitude pour mon stylo bleu et mon journal.

En créant mes personnages, je me suis trouvée face à une difficulté : la race. Et quand je parle de race, je fais référence à… hey, vous savez quoi ? Écoutez l’épisode ci-dessous :

Je reprends. Comment ne pas tomber dans des clichés, ne pas fétichiser telle nationalité, comment faire vivre ce personnage sans trop mettre en avant « hey mon casting est diversifié, t’as vu ? » Solution : m’éduquer ! Et pour ça, j’écoute deux magnifiques podcasts.

Extimité donne la parole aux personnes minorisées et est animé par Douce Dibondo et Anthony Vincent. Chaque épisode se consacre à un.e invité.e qui relate sa vie à travers différentes questions telles que « Quand est-ce que tu as su que tu étais racisé.e ? » ou encore « Est-ce que tu t’es déjà senti.e majoritaire ? » Ce qui est passionnant avec ce podcast, c’est d’entendre la personne revisiter son histoire avec du recul.

Note : le terme extimité vient de Serge Tisseron qui l’explique ainsi « Si les gens veulent extérioriser certains éléments de leur vie, c’est pour mieux se les approprier en les intériorisant sur un autre mode grâce aux échanges qu’ils suscitent avec leurs proches. »

C’est un exercice assez intime, thérapeutique et cela permet d’illustrer des sujets qui restent souvent à l’état de concept dans certains milieux. Tout le monde en principe sait ce qu’est le racisme, mais combien l’ont vécu ? Extimité est un podcast bienveillant qui laisse la parole libre à ses invité.e.s. Chose impossible chez certains médias car ce ne serait pas « correct » ou plutôt, cela dérangerait de constater que le pays qui prône soit-disant l’égalité en est bien loin…

J’ai adoré tout les épisodes et c’est dur de n’en choisir que 2… mais je vous recommande celui de Marie et celui de Paya.

Puis il y a Kiffe ta race (qu’on a vu plus haut eh oui) qui est animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly. Avec leur invité.e., elles explorent les questions raciales via le vécu de chacun.e. Le ton y est plus léger même si les thèmes restent importants. En écoutant ces deux podcasts, je me suis rendue compte que ma quête identitaire était loin d’être finie. Si je me sens à l’aise maintenant sur les questions de genre et d’attractions (au point d’en faire mon coming out en début d’année), je peine encore au niveau de la race – alors que je croyais en avoir fini avec ce sujet.

Au début de chaque épisode de Kiffe ta race, les deux animatrices demandent à l’invité.e de se positionner au niveau de la race. Grace Ly se définit comme asiatique, Rokhaya Diallo comme noire. Cette question est importante puisqu’en fonction de la race et du vécu associé, on peut mieux comprendre ce que vit l’autre. Qu’on veuille le reconnaître ou non, c’est un fait qu’une personne blanche et une personne racisée n’auront probablement pas le même récit pour, imaginons, une journée passée sur leur lieu de travail. L’une sera peut-être victime de commentaire sexiste par des collègues, l’autre aura le commentaire sexiste ET raciste. Double peine !

Ce qui me posait problème pour écrire s’est aussi avéré être révélateur d’un problème plus personnel. Je me suis imaginée répondre à la question « Comment vous définissez-vous en terme de race ? » et j’ai séché. Je peux dire sans hésiter que je ne suis pas blanche. Avant je me définissais comme « Française d’origine malgache » mais je trouve que ça sonne comme un produit estampillé ! Et c’est faux car je n’ai rien d’une française à part le fait d’être née dans ce pays et d’avoir des papiers français. Voilà, j’ai encore du pain sur la planche de ce côté-là… notamment découvrir l’Histoire de Madagascar.

Sinon je continue d’écouter Les Couilles sur la Table (animé par Victoire Tuaillon) et The Boys Club (animé par Mymy et Fab de Madmoizelle) pour en apprendre toujours plus sur les masculinités, les rapports de pouvoir et le féminisme.

Il y a deux épisodes dans Les Couilles sur la Table que j’ai adoré puisqu’ils abordent la question de la responsabilité, car je le rappelle, le féminisme n’est pas fait pour taper sur les hommes. Les femmes ont leur part de responsabilité et c’est ce qui est abordé dans cet épisode sur la soumission féminine :

L’autre aborde la question de la biologie. La prochaine fois que je vois dans un débat « oui mais c’est la nature si on se comporte comme çaaaa ! » j’inviterai cordialement la personne à écouter cet épisode au lieu de perdre mon temps en arguments.

Car j’ai compris que ça ne sert à rien que je perde mon énergie physique et psychique à débattre. J’ai fait ce travail d’éducation, pourquoi les autres ne pourraient-iels pas le faire aussi ?

Autres podcasts qui valent le détour

J’écoute aussi Miroir Miroir animé par Jennifer Padjemi, un podcast, comme il est dit dans sa description, sur les représentations, la beauté, le corps et les normes portées par les médias, la société ou le regard des autres. Rien que ça ! Par exemple :

Je vous recommande aussi YESSS podcast animé par Margaïd Quioc, Elsa Miské et Anaïs Bourdet. Elles recueillent à chaque épisode des témoignages de victoires contre le sexisme sur un thème précis comme Warriors en famille ou Warriors pendant le sexe.

N’oublions pas Émotions animé par Adélie Pojzman-Pontay. Du trac à la souffrance, de la culpabilité à l’amitié, du pouvoir à la confiance en soi et bien d’autres choses, on en apprend énormément (et une nouvelle fois, ça me fait des remises en question – c’est devenu un sport chez moi, je sais, je sais).

J’ai enfin commencé Le Tchip animé par Mélanie Wanga, Kévi Donat et François Oulac. Je crois que c’est mon premier podcast de pop culture donc ça change ! Et en même temps, j’y retrouve le sujet de la race vu qu’il est question de culture noire. Iels abordent aussi des sujets plus pratiques comme « Faut-il arrêter de parler de race avec ses amis blancs ? »

Bouclons cet article avec Mortel « incarné » par Taous Merakchi (vous la connaissez peut-être sous son pseudo Jack Parker). Tout comme les livres d’Alice Miller, ce n’est pas à mettre entre toutes les mains. Ou alors ayez bien conscience du périple que vous allez entamer. Je ne pensais pas être aussi touchée par un récit de deuil, jusqu’à ce que je trébuche sur ce paquet, là, dans le coin de ma tête, où il est écrit « danger ! »

Mais pour dépasser ma peur inconsciente de la mort, du deuil et de la perte, je me suis dit qu’il est mieux d’y réfléchir, d’apprivoiser ces émotions quand tout est calme. Ce n’est pas dans la tempête que je pourrai disséquer à loisir les éventuels chocs émotionnels et psychologiques.

Voilà, mes nuits sont bien studieuses et reposantes. Quitte à tourner des pensées dans ma caboche, je préfère alimenter le bocal avec de la nouveauté plutôt que mes sempiternelles craintes. J’apprends, je me cultive, je deviens plus consciente du pouvoir entre mes mains pour mener ma barque. En plus, ça m’aide à m’endormir.

Bonne journée/soirée à toi, chouette être humain.

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7 réflexions sur “Un soupçon de blabla perso et des podcasts à écouter sans modération

  1. Encore une super sélection, je te remercie ! Les sujets sont tous aussi intéressants les uns que les autres !
    Bon courage pour la rédaction de ton bouquin ! Déjà te lancer dans le Nano est un défi plus que louable ! (cf. moi et le Nano, on se relook… mais on a pas encore trouvé notre rythme de croisière…). Pour l’ennéagramme, je m’y mets doucement, grâce à toi qui m’a fait découvrir tout ça par l’antre de la chouette. J’ai acheté un bouquin et je m’y plonge dès que je peux !
    Pour Alice Miller … comment dire … c’est mon petit bourreau (tiens donc), les thémathiques sont passionnantes mais ses bouquins passent toujours derrière les petits nouveaux que je viens d’acquérir (désolé Alice…).

    À part ça, je trouve que tu passes beaucoup de temps à te cultiver et à rechercher et décortiquer l’info, et tu es très curieuse de beaucoup de sujet, même ceux qui ne te concernent pas. Je trouve ça Top et ça te fait des journées bien remplies ! Bien plus que tu ne le penses.. peut-être ? Je dis ça parce que Robin m’a mit face à tout ce que je faisais en une journée sans m’en rendre compte (alors que je me lamentais de ‘ne pas être efficace’) … alors je ne sais que nenni si tu t’en rends compte ou pas … mais en tout cas je te le dis !

    Whaoo je me suis emportée .. Sur mon commentaire quelque peu décousu, je te salue l’amie !

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci pour tout ❤ ça me fait très plaisir de te lire !!
      Pour le Nano, c'est compliqué de trouver son propre rythme mais à force ça viendra – je tâtonne encore…!
      Génial pour l'ennéagramme ^^ quel livre tu as acheté ?
      Mdr j'aime bien comment tu parles de Miller XD après normal, la lecture est loin d'être légère donc c'est bien de s'aérer un peu ^^

      J'ai passé beaucoup trop de temps centré sur mon propre nombril à mal juger les autres donc j'essaie d'y remédier 😀 Je vois tout à fait ce que tu veux dire ! Même si une petite voix vient me dire à côté 'ouais bon t'as passé des aprems à faire des tests Buzzfeed aussi alooooors…' Dès que je me compare aux autres, c'est là que j'oublie tout ce que j'ai fait :') problème classique haha Merci en tout cas pour ton rappel ❤ Et merci à Robin !

      Aimé par 1 personne

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