C’est l’histoire d’une fatigue disséquée…

J’ai compris ce qu’il s’est passé. En revoyant mon calendrier, toute culpabilité pour mon excursion dans les marais s’est envolée. J’ai oublié que ma jauge d’énergie avait son propre fonctionnement. J’ai tiré un peu trop fort sur la corde !
En mars, j’ai été plutôt productive sur les blogs, en plus de suivre une série de documentaire sur la dépression et autres maladies neurodégénératives. J’avais prévu d’étudier grâce aux MOOC mais je me suis dégonflée. Je suis sortie aussi et ça, ça m’épuise toujours.

Et surtout, mars a été le mois le plus sportif de ma vie ! ça n’aura duré qu’un mois puisqu’en avril, j’ai tout abandonné. J’étais prise par la série de documentaires Broken Brain 2. Encore une fois, je me suis sentie lessivée après la fin de la série.

En parallèle, j’ai tenté de faire le Camp Nanowrimo. J’avais bien préparé les thèmes à traiter chaque jour mais échec et mat. La mayonnaise n’a pas pris. Et puis il y a eu les remous de la vie, quoi qu’on fasse, ça existe et… bon… ma barque n’a pas coulé mais j’ai eu du mal à accepter que je pouvais à nouveau me sentir si misérable face à mes émotions.

Pour revenir à la fatigue post-documentaires, je ne sais pas si ça t’arrive aussi ? Quand je (re)découvre des informations capitales sur la santé, je suis tiraillée par plusieurs émotions.

La Raison se rengorge et déclare d’un ton pompeux que « ça va rabattre le caquet des gens qui ne jurent que par la science, on prouve que ceci ou cela a un impact négatif sur la santé ! »

L’Enthousiasme a envie de partager toutes ces informations à mes connaissances : « ça peut servir à untel, oh la la mais ce cas de figure ça me fait tellement penser à machine !! ça va changer sa vie !! »

La Fierté se lime les ongles et tout en soufflant dessus dit tranquillement « Eh ouais, c’est trop la classe d’avoir parié sur la guérison au naturel. J’en menais pas large à l’époque mais j’ai grave envie de me la péter maintenant. »

Et enfin, L’Ombre (un mélange d’émotions négatives bien relou) arrive et balance d’un ton sec aux autres « Peuh, vous me faites rire. Vous vous rendez compte que ce sont encore des protocoles qui sont loin d’arriver chez nous ? ça veut dire que des tonnes de gens vont encore souffrir avec des traitements à la con, voire en mourir. Et ce n’est pas qu’un problème de loi ou de reconnaissance par les médecins. Le problème, c’est la mentalité des gens eux-mêmes ! Réfractaires aux changements mais pas à la plainte. Alors que ce genre de traitement implique de s’investir dedans. »

Les autres en question se taisent et regardent avec effarement L’Ombre qui casse le moral en petit morceaux, avant de sauter à pied joint dessus. Leur teint devient grisâtre et les coins de leur bouche tombent. L’Ombre poursuit son boulot de sape :

« Et toi ? Ouais cher hôte, tu fais quoi concrètement ? C’est bien malin de connaître autant d’infos mais tu ne sers à rien. Pas fichue de choisir sa voie, pas fichue d’aider les autres alors que tu débordes de telles pensées. Sans action, c’est le néant toutes tes belles idées. Et encore, quelles idées ? Ha ! La blague ! Même pas fichue de creuser en toi pour t’écouter. Le bureau des plaintes, c’est pas la peine de le chercher chez les autres, tu alimentes très bien le tien. »

L’Enthousiasme et La Fierté ont fini par disparaître quelque part et seule La Raison reste sur place à écouter L’Ombre. D’ailleurs, elle s’éclaircit la voix avant de couper la parole :

« Dis, L’Ombre. T’es pas à côté de tes pompes sur certains points. Mais au lieu de te faire chier à prendre le malheur du monde sur tes épaules, pourquoi tu ne t’occupes pas de ta pomme ?
– Mais c’est affreusement égoïste ! Et ça ne résout rien !
– Parce que t’es Jésus-Christ peut-être ? Quelle arrogance, sérieux. Même La
Fierté ne fait pas aussi naze.
– Cette dernière a rejoint mon camp… elle fait la fête avec La
Peur d’ailleurs.
– Je comprends mieux pourquoi tu pars en cacahuète alors. Dégage, t’es contre-productive. »

Malheureusement, La Raison manque de basculer dans les marais en poussant L’Ombre. C’est alors qu’un truc aussi brillant qu’une boule disco débarque pour rapatrier La Raison à la limite du territoire, les pieds bien au sec.

« Wow, Rara (oui, ce truc lumineux aime bien accoler des surnoms stupides) ! Traîne pas avec la mauvaise engeance, ça ne te va pas au teint.
– T’es qui, toi ?! (Et ne m’appelle pas comme ça, tu crains !)
– Mon petit nom c’est Rayon. Mes potes et moi, on n’aime pas trop L’Ombre et sa clique. (Rara c’est mignon pourtant…)
– Bon dieu, encore des fous furieux à gérer. (ça suffit, je t’ai dit !)
– C’est pas la gratitude qui t’étouffe, je ne sais pas ce qui me retient de t’envoyer bouler dans les marais. »

La Raison hausse un sourcil en entendant cette menace mais en voyant Rayon bien campé sur ses petites jambes et diffuser une douce lumière, il se calme.

« Machin, tu sais que L’Ombre reviendra ? Alors ce n’est pas en l’enfermant au loin que ça règlera les choses. Et puis, t’es qui ? Ton nom ne me dit rien.
– Je suis Rayon ! Je règne sur les bonnes émotions ! Tout comme L’Ombre gère la crasse mentale (beurk). Mais je m’en fiche, son groupe prend trop de place et c’est mon tour de m’éclater.
– Hop hop hop, on se calme. Mon hôte ne va pas kiffer ce basculement trop soudain. Pourquoi L’Ombre et toi vous n’essayez pas de bosser main dans la main ? »

Bref, j’en suis à ce stade : équilibrer mes ressentis positifs et négatifs. (Retour à un article moins bizarre, désolée pour cette transition abrupte). A mettre de l’eau dans mon vin, encore et toujours. Ah, encore une chose : j’ai un mal fou à nommer mes émotions et à les reconnaître, ça t’arrive aussi ?

En tout cas, si ma santé mentale et émotionnelle zigzaguent encore pas mal, le physique se porte plutôt bien, et pas qu’un peu ! Ma trinité d’endroits encore atteints par l’eczéma entament une belle cicatrisation. Merci l’argent colloïdal (et merci mes parents qui payent tout ça).

Bon, je ne sais pas comment terminer ce texte/article ? J’avais envie d’écrire sans prise de tête et de tester autre chose. On est vendredi alors bon weekend à toi, chouette être humain.

P.S : le discours de L’Ombre est franchement horrible mais Rayon suit le conseil de Raison pour calmer cet énergumène. Du coup, il apprend à moins juger les autres et à s’occuper de ses oignons.

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6 réflexions sur “C’est l’histoire d’une fatigue disséquée…

  1. Quel super article! Ton envie d’essayer autre chose se solde par un grand succès 😉 Cela a été un plaisir de te lire.

    Tout comme toi, reconnaître et nommer mes émotions n’est pas toujours facile surtout quand je regarde la pauvreté de mon vocabulaire émotionnel. C’est ça d’avoir été aussi longtemps coupée de mes émotions 😉 Mais, un pas à la fois. Une émotion après l’autre, j’avance!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup !!
      Quand j’arrive à les nommer, ce sont les émotions négatives qui sortent plus facilement. Quand je vois la liste d’émotions positives dans le livre de « Cessez d’être gentil, soyez vrai » je me rends compte que c’est rare que je ressente des émotions positives fortes… du coup il y a aussi une histoire d’intensité !
      Mais on finira par y arriver 🙂

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  2. Oh la la ! Je me suis régalée en te lisant !
    Une boule de poils soyeux et ultra doux qui ronronne et réchauffe le coeur et qui pourrait-être une chamane (qui sait ?) est souvent collée à toi, n’oublie pas sa présence…

    Aimé par 1 personne

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